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Réduction de la consommation énérgétique

lundi 10 août 2015, par Romain IOUALALEN

Je n’ai pas la prétention de parler au nom d’Europe Ecologie-Les Verts, la diversité des courants qui nous traversent m’en empêche. Je pense que les quelques réflexions que je vais partager avec vous sont représentatives de questionnements que nous avons actuellement, et depuis longtemps, au sein d’EELV.

Je voudrais commencer par une remarque simple, en lien avec le nom de ce forum. A mes yeux, l’écologie, quand elle respecte ses principes fondateurs que sont la non-violence et la démocratie, n’a rien de radicale.

Concernant l’énergie, je voudrais faire 3 remarques.

1- Tout d’abord, nous sommes en train de vivre les premières étapes d’une grande transformation énergétique.

Le système énergétique actuel est un système centralisé, centré sur les énergies fossiles et le nucléaire et qui est bâti pour satisfaire des besoins toujours croissants en énergie.

Il crée des inégalités énormes entre une poignée d’entreprises qui contrôlent la production et la distribution d’énergie, et les citoyens relégués au simple rang de consommateur.

C’est également un système profondément antidémocratique car contrôler l’énergie d’un pays c’est dans une large mesure en contrôler la politique. C’est le cas aux USA avec les pétroliers, et c’est le cas en France avec EDF.

Or, il apparaît de plus en plus clair que les fondements de ce système énergétique sont en train de s’écrouler les uns après les autres. Le mythe de l’abondance s’évapore, car les réserves facilement accessibles de pétrole sont en déclin. La contrainte carbone se fait de plus en plus pressante, alors que les scientifiques nous montrent que si nous voulons préserver notre climat, presque 80% des réserves d’énergie fossile doivent rester dans le sol ! Le nucléaire est de plus en plus cher, et de moins en moins sûr.

En parallèle, le coût des énergies renouvelables s’effondre dans le monde entier et la possibilité d’un modèle énergétique basé intégralement sur les énergies renouvelables prend de plus en plus forme.

2- Cependant, l’ampleur de la crise climatique doit nous pousser à mener une lutte acharnée pour accélérer cette transformation.

Nous faisons face à une crise climatique aux proportions effrayantes. Les trajectoires actuelles d’émissions de CO2 nous mènent tout droit vers un réchauffement de plus de 4°C en 2100, avec des conséquences terribles. Il y a donc urgence à agir, et c’est pour cela qu’EELV demande une feuille de route qui mène à la neutralité carbone en Europe au plus tard en 2050. Au niveau mondial, les émissions doivent diminuer de entre 40 et 70% entre 2010 et 2050. C’est à la fois un défi immense et une obligation vitale pour des centaines de millions d’habitants de pays vulnérables, notamment en Afrique et dans les pays insulaires.

Une des clés pour accélérer le basculement, c’est la réduction des consommations d’énergie. Cela passera bien sûr par des programmes drastiques d’efficacité énergétique (isolation des bâtiments, normes strictes sur les produits) mais je pense que nous devons être conscients que cela ne suffira pas. Il va falloir assumer de porter un vrai discours sur la sobriété énergétique et sur une simplification des modes de vie. La technologie ne peut pas être la solution universelle aux crises environnementales qu’elle a contribué à créer, et il nous faudra travailler sur les comportements.

3- Nous savons que la transformation a commencé, mais nous ne savons pas à quoi ressemblera le futur modèle énergétique

Nous écologistes avons le devoir de mener une bataille culturelle pour orienter la définition de la transformation énergétique. En effet, il y a un risque réel que cette transformation historique soit piratée par les énergéticiens.

Ceux qui bénéficient du système actuel ne vont pas se rendre sans se battre. Ils expérimentent déjà des systèmes de capture du carbone qui leur permettrait de continuer à construire des centrales à charbon. Ils freinent autant que possible le développement des énergies renouvelables en rachetant les entreprises du secteur et en noyautant les groupes d’intérêt du secteur.

Aujourd’hui, il y a deux définitions qui s’affrontent.

  • La première option, celle des énergéticiens, consiste à utiliser les énergies renouvelables pour maintenir un système de production purement centralisé, intégralement entre leurs mains. Certes, cela permet de réduire les émissions de CO2, mais le système inégalitaire et antidémocratique se trouve perpétué.
  • La deuxième option, et c’est celle pour laquelle nous nous battons à EELV, c’est celle d’un futur où le citoyen reprend la main sur son énergie et passe du statut de consommateur à celui de producteur, distributeur, investisseur etc. Cela veut dire une énergie autant décentralisée que possible, basée sur la sobriété, le partage, l
    e respect de l’environnement et de l’humain. En résumé, une vraie démocratie énergétique.
    Romain IOUALALEN

EELV

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