Convergence citoyenne pour la transition energetique
A l'initiative des collectifs contre le gaz de schiste

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Nécessité d'une transition pour la conversion écologique et sociale de (...)

lundi 10 août 2015, par Michel Buisson

(Résumé pour le forum d’écologie radicale, Nîmes 31 janvier 2015)

La conversion : une question politique au-delà de l’écologie

La conversion écologique nécessite de changer radicalement de système économique. Elle est donc politique. Elle s’inscrit dans un projet de changement radical et implique une phase de transition écologique et sociale, définie comme une période de transformations significatives, de ruptures anti productivistes et anticapitalistes pour une rupture d’ensemble avec le système actuel.

.Dans cet esprit, toutes les alternatives concrètes et idéologiques, toutes les mobilisations pour changer les façons de produire, d’échanger et de consommer peuvent favoriser l’engagement de cette transition sur la base d’une modification significative du rapport de force, non encore réalisée. Trois points :

1. la transition énergétique partie intégrante de la transition écologique et sociale pour deux raisons :

Au plan matériel, la surconsommation d’énergie directe et indirecte comme les sources d’énergie utilisée, constituent la source majeure de la crise écologique avec le dérèglement climatique et de très nombreuses pollutions. Réciproquement, les objectifs écologiques constituent une nécessité de changement du côté de l’énergie.

Au plan politique, l’énergie constitue le cœur du système économique dont la fragilisation et le changement nécessitent un fort mouvement social et politique en lien avec une transition écologique large au service des couches populaires, mettant en œuvre de nombreuses initiatives (nouvelles façons de produire, production décentralisée d’énergie …) et de mobilisations (luttes contre les gaz de schistes, …). Les mesures de la transition doivent porter sur un large spectre et être coordonnées pour que les retombées (emploi, santé …) soient, pour les forces à mobiliser, bien perceptibles et supérieures aux conséquences.

2. Eléments sur la transition

Il s’agit mettre en place les conditions d’une véritable conversion sur trois plans : politique du fait de la nécessité de l’inscription de la transition dans un projet politique alternatif global, économique du fait du changement des objectifs et des processus de production et d’échange face à un capitalisme détenteur des finances et de la technologie, social (mobilisation, choix des priorités, répartition des richesses).

Cette transition doit permettre l’affaiblissement progressif du système en place, aspect très souvent oublié. Elle sera difficile pour deux raisons :

a) malgré ses contradictions, le capitalisme se développe avec force en ’périphérie’ et au ’centre’ à travers le capitalisme vert ou ’l’économie verte’ ; le versant environnemental de la sortie de crise risque fort de ne pas être celui que nous promouvons.

b) la difficulté des politiques à penser les relations triangulaires entre les institutions/les forces économiques/les citoyens producteurs et consommateurs.

Cette transition nécessite à la fois et de façon articulée :

- des changements politiques et réglementaires de rupture (énergie, économie …),

- la constitution progressive d’un fort mouvement social réunissant des travailleurs avec des citoyens/consommateurs et liant objectifs sociaux et écologiques,

- une intervention, avec du capital socialisé, dans les secteurs clefs pour constituer des unités productives et des formes d’échange favorables aux nouvelles orientations.

3 Agriculture et alimentation : le changement, souvent considéré comme facile, sera en fait difficile en raison du poids du capitalisme en amont comme en aval et du productivisme agricole largement pratiqué. Il faut, au cours de la transition, viser une large partie du système alimentaire, bien au-delà des alternatives en place qui, tout en étant essentielles sur le plan concret et symbolique, buttent vite sur les forces dominantes. L’agriculture et l’alimentation, en raison de leurs liens entre elles et avec l’écologie, sont favorables à la constitution d’une base importante du mouvement social de la transition, à condition toutefois que les travailleurs des entreprises d’amont et d’aval y participent au sein d’un large mouvement citoyen.

Michel Buisson

mam.buisson@wanadoo.fr

Agroéconomiste, membre des Alternatifs*

*Depuis 1998, à la suite du PSU et autres, Les Alternatifs se mobilisent, dans les luttes et dans la construction d’alternatives sur l’écologie, le féminisme, l’autogestion et les solidarités. Comme l’exprime le titre du journal ’Rouge et vert’, nous agissons pour un nouveau projet d’émancipation sociale et écologique. La majorité des Alternatifs est actuellement engagée dans Ensemble !

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