Convergence citoyenne pour la transition energetique
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Le Projet de loi relatif à la transition énergétique pour la croissance vert (...)

vendredi 7 août 2015, par Didier Thévenieau

Qu’est-ce que l’écosocialisme ?

Les ressources de la nature ne sont pas infinies et le dérèglement climatique, conséquence de la pollution humaine, a déjà un impact important sur la vie et sur les sociétés.

Contrairement à ce qu’on veut nous laisser croire depuis le Tatcherisme, nous avons des choix à faire. Voilà pourquoi l’écologie est fondamentalement politique. Elle nous ramène à des temps politiques, des temps de choix de société, au-delà des considérations purement économiques.

L’écologie nécessite des temps longs, une véritable planification, incompatible avec les temps courts du rendement du capital, les échanges du néolibéralisme et ses modes de consommation et de production. Le capitalisme rachète tout et il est important de dénoncer l’illusoire capitalisme vert.

Nous proposons donc de réinventer la politique autour de l’écosocialisme, qui n’appartient pas au PG, mais que nous posons comme l’alternative du XXIème siècle au capitalisme.

Ce projet est radical en ceci qu’il remonte aux racines des problèmes, inscrits dans le système capitaliste. Il nécessite une rupture avec la pensée classique afin d’organiser la transition pour remettre l’économie au service des besoins humains et inverser la logique de l’offre.

Il ne s’agit alors pas d’opposer la conscience individuelle et l’action collective, mais bien de les faire cohabiter, converger.

L’écosocialisme est donc cette vision qui pose l’homme en relation avec son milieu, comme faisant partie de la biosphère, ce qui lui interdit de séparer, dans sa réflexion sur le vivre ensemble, l’écologie de la question sociale.

La question de l’énergie devient alors cruciale car elle est à la racine des crises et le cœur d’une société.

Même s’il y a eu quelques améliorations dans le PLTECV proposé par le gouvernement, il reste un projet libéral qui ne cherche qu’à satisfaire le marché en appelant le nucléaire au secours d’un illusoire capitalisme vert.

D’abord, il laisse croire qu’il y aurait des énergies propres et des voitures propres. Mais la seule énergie propre est celle qu’on ne consomme pas. Et dans ce projet, le volet sobriété, bien que légèrement amélioré au niveau des intentions, ne dépasse pas le stade des intentions.

La preuve en est que cette loi grave le nucléaire dans le marbre comme base de notre production d’électricité alors que c’est lui qui est à l’origine de notre problème énergétique aujourd’hui.

Le nucléaire est à l’origine de la précarité énergétique. Son coût maintenu artificiellement faible et sa prétention à fournir une énergie infinie, a empêché tous travaux d’efficacité énergétique et a poussé à une surconsommation par la valorisation du chauffage électrique. Aujourd’hui, 20% de la population se retrouve en situation de précarité énergétique, essentiellement à cause de logements passoires chauffés par des grilles pains.

Cette LTECV sanctuarise donc le nucléaire en laissant croire qu’on en fait baisser la part. Mais en conservant la puissance installée actuelle (63,2 GW), comment imaginer que EDF accepterait de baisser sa production ?

Tout le projet de loi joue sur cette ambivalence entre la réduction de notre consommation d’énergie et l’augmentation de notre consommation d’électricité.

La voiture électrique que ce projet promeut en est le parfait exemple. Il s’agit avant tout de relancer le marché du véhicule individuel sans même faire la moindre proposition sur le développement des transport publics gratuits, la lutte contre l’étalement urbain, le problème de la fiscalité punitive, le développement du ferroutage, du transport fluvial, etc.

Ce projet est avant tout celui de la libéralisation du marché de l’énergie. L’ouverture du capital d’EDF et la socialisation des dettes d’AREVA, la vente probable de RTE, la libéralisation des concessions hydrauliques, le marché des ENR livré à l’industrie du nucléaire, …, le tout en parfaite harmonie avec la loi NOME qui dérégule le marché de l’électricité, confirment qu’il ne s’agit pas là d’une transition mais bien de créer une croissance verte antinomique.

La transition énergétique dont nous avons besoin peut se faire sans nucléaire et sans énergies fossiles. Mais nous ne sortirons pas du nucléaire sans les travailleurs et encore moins contre eux.

Il s’agit donc de concrétiser les convergences nécessaires. L’écosocialisme est alors susceptible d’en être le vecteur, parce qu’il est à la fois un projet social et écologique en ce que sa radicalité inscrit un projet de société humaine respectueux du milieu naturel dont elle est inséparable.

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Didier Thévenieau

Co-responsable national de la commission écologie du Parti de Gauche

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